Article et photos parus dans le journal LE TELEGRAMME en date du 7 mai 2018

La Ville-Jouha. À l’école des abeilles
Publié le 07 mai 2018 à 00h00
CATHERINE NICOL
Journaliste au Télégramme

Les stagiaires découvrent au fil de leur formation les secrets d’une ruche.

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Samedi, pour la deuxième fois de la saison, quinze stagiaires se sont retrouvés au rucher-école de La Ville-Jouha. Le temps d’un après-midi, ils ont appris, en compagnie des apiculteurs amateurs de L’Abeille bretonne, la façon de bien s’occuper d’une ruche. Mais aussi de préserver cet insecte essentiel à la pollinisation.
En ce samedi 5 mai, le soleil est de retour dans le ciel briochin. Pourtant, du côté de La Ville-Jouha, une vingtaine de silhouettes blanches, mains gantées et filets sur les visages, s’affairent près des dix ruches installées dans l’enceinte du service espaces verts de la ville.

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Un monde merveilleux à préserver
Tous participent au stage organisé, comme chaque année, par le syndicat apicole L’Abeille bretonne. Une formation proposée depuis cinq ans et très convoitée, comme le démontre la session 2019 déjà sur liste d’attente. « Les cours se déroulent à raison d’une fois par mois, durant la saison apicole. C’est-à-dire de mars à octobre », explique Françoise Guyot, membre et apicultrice amateure.
Le temps d’un samedi après-midi (de 14 h à 17 h 30), les stagiaires découvrent le monde des abeilles aussi merveilleux que complexe. Reine, faux bourdons, ouvrières dévoilent au fil des heures leurs secrets. Les sept animateurs, tous apiculteurs amateurs, expliquent avec passion le fonctionnement d’une ruche, la façon de la faire vivre, mais aussi de la protéger. Des clés nécessaires pour s’occuper d’une colonie de 50.000 abeilles. D’ailleurs, Gérard Guyot, de L’Abeille bretonne et apiculteur depuis 27 ans, prévient : « On ne peut pas se lancer dans l’apiculture sans avoir pris de cours. Moi-même j’en apprends tous les jours. C’est fabuleux. »
Des séances qui permettent également de faire passer un message : l’abeille est en danger, il est urgent de la préserver. « Ce qui nous intéresse, c’est la protection de l’abeille. Elle est la sentinelle de l’environnement », souligne Françoise. Son époux Gérard ajoute : « Quand l’abeille va mal, c’est l’être humain qui va mal. Et actuellement, nous sommes face à une mortalité importante. »
En cause, les pesticides employés, mais aussi la météo qui entraîne un manque de nourriture, la monoculture… et la présence du frelon à pattes jaunes (dit asiatique). Pourtant, son rôle est essentiel pour la pollinisation des plantes, arbres… « Sans elle, nous n’aurions plus de fraises ou de pommes », note l’apiculteur. Encore novices, les quinze stagiaires écoutent avec attention les explications et astuces distillées par les animateurs.
Tous ont une raison différente de se lancer dans cette aventure apicole. Ainsi, Hubert, 58 ans, de Plouvara, cherche une activité à pratiquer alors que la retraite se profile. Peggy, elle, met en avant le côté écologique de sa démarche. La dynamique Pléneuvienne de 41 ans y voit, également, une occasion de partager des instants avec ses enfants autour de sa ruche. « Ils n’attendent que ça », confie-t-elle.
Éviter les bêtises
D’autres comme Yfig ont déjà une expérience d’apiculteur, mais ne souhaitent pas reproduire les mêmes erreurs. « J’ai eu des ruches il y a longtemps, quand j’habitais en Irlande. Aujourd’hui, je veux bien faire les choses. Et puis, les abeilles sont en danger, alors si nous pouvons faire quelque chose à notre niveau », espère cet amateur de miel.
Répartis par petits groupes, les stagiaires ouvrent les différentes ruches en compagnie des animateurs, scrutent cadres, hausses… enfument également « les belles » pour leur signaler leur venue.Enfumoir à la main, Emmanuelle, 30 ans, de La Harmoye, n’en perd pas une miette. « Moi, ce qui m’intéresse surtout, c’est la technique. J’ai une formation en production animale. Plus que le miel, ce que je souhaite c’est multiplier les essaims », explique celle qui envisage d’installer plusieurs ruches sur ces terres.
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